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la petite chose

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la petite chose

   genie 16, 2010 12:03 pm

Le Petit Chose

Alphonse Daudet

Premire partie
V. Gagne ta vie
{{{commentaires}}}





Sarlande est une petite ville des Cvennes, btie au fond dune troite valle que la montagne enserre de partout comme un grand mur. Quand le soleil y donne, cest une fournaise ; quand la tramontane souffle, une glacire...
Le soir de mon arrive, la tramontane faisait rage depuis le matin ; et quoiquon ft au printemps, le petit Chose, perch sur le haut de la diligence, sentit, en entrant dans la ville, le froid le saisir jusquau cur.
Les rues taient noires et dsertes... Sur la place darmes, quelques personnes attendaient la voiture, en se promenant de long en large devant le bureau mal clair.
À peine descendu de mon impriale, je me fis conduire au collge, sans perdre une minute. Javais hte dentrer en fonctions.
Le collge ntait pas loin de la place ; aprs mavoir fait traverser deux ou trois larges rues silencieuses, lhomme qui portait ma malle sarrta devant une grande maison, o tout semblait mort depuis des annes.
Cest ici, dit-il, en soulevant lnorme marteau de la porte...
Le marteau retomba lourdement, lourdement... la porte souvrit delle-mme... Nous entrmes.
Jattendis un moment sous le porche, dans lombre. Lhomme posa sa malle par terre, je le payai, et il sen alla bien vite... Derrire lui, lnorme porte se referma lourdement, lourdement... Bientt aprs, un portier somnolent, tenant la main une grosse lanterne, sapprocha de moi.
Vous tes sans doute un nouveau, me dit-il dun air endormi.
Il me prenait pour un lve...
Je ne suis pas un lve du tout. Je viens ici comme matre dtude ; conduisez-moi chez le principal...
Le portier parut surpris ; il souleva sa casquette et mengagea entrer une minute dans la loge. Pour le quart dheure, M. le principal tait lglise avec les enfants. On me mnerait chez lui ds que la prire du soir serait termine.
Dans la loge, on achevait de souper. Un grand beau gaillard moustaches blondes dgustait un verre deau-de-vie aux cts dune petite femme maigre, souffreteuse, jaune comme un coing et emmitoufle jusquaux oreilles dans un chle fan.
Quest-ce donc, monsieur Cassagne ? demanda lhomme aux moustaches.
─ Cest le nouveau matre dtude, rpondit le concierge en me dsignant... Monsieur est si petit que je lavais dabord pris pour un lve.
─ Le fait est, dit lhomme aux moustaches, en me regardant par-dessus son verre, que nous avons ici des lves plus grands et mme plus gs que Monsieur... Veillon lan, par exemple.
─ Et Crouzat, ajouta le concierge.
─ Et Soubeyrol... fit la femme.
L-dessus, ils se mirent parler entre eux voix basse le nez dans leur vilaine eau-de-vie et me dvisageant du coin de lil... Au-dehors on entendait la tramontane qui ronflait et les voix criardes des lves rcitant les litanies la chapelle.
Tout coup une cloche sonna ; un grand bruit de pas se fit dans les vestibules.
La prire est finie, me dit M. Cassagne en se levant ; montons chez le principal.
Il prit sa lanterne, et je le suivis.
Le collge me sembla immense... Dinterminables corridors, de grands porches, de larges escaliers avec des rampes de fer ouvrag... tout cela vieux, noir, enfum... Le portier mapprit quavant 89 la maison tait une cole de marine, et quelle avait compt jusqu huit cents lves, tous de la plus grande noblesse.
Comme il achevait de me donner ces prcieux renseignements, nous arrivions devant le cabinet du principal... M. Cassagne poussa doucement une double porte matelasse, et frappa deux fois contre la boiserie.
Une voix rpondit : Entrez ! Nous entrmes.
Ctait un cabinet de travail trs vaste, tapisserie verte. Tout au fond, devant une longue table, le principal crivait la lueur ple dune lampe dont labat-jour tait compltement baiss.
Monsieur le principal, dit le portier en me poussant devant lui, voil le nouveau matre qui vient pour remplacer M. Serrires.
─ Cest bien, fit le principal sans se dranger.
Le portier sinclina et sortit. Je restai debout au milieu de la pice, en tortillant mon chapeau entre mes doigts.
Quand il eut fini dcrire, le principal se tourna vers moi, et je pus examiner mon aise sa petite face plotte et sche, claire par deux yeux froids, sans couleur. Lui, de son ct, releva, pour mieux me voir, labat-jour de la lampe et accrocha un lorgnon son nez.
Mais cest un enfant ! scria-t-il en bondissant sur son fauteuil. Que veut-on que je fasse dun enfant !
Pour le coup le petit Chose eut une peur terrible ; il se voyait dj dans la rue, sans ressources... Il eut peine la force de balbutier deux ou trois mots et de remettre au principal la lettre dintroduction quil avait pour lui.
Le principal prit la lettre, la lut, la relut, la plia, la dplia, la relut encore, puis il finit par me dire que, grce la recommandation toute particulire du recteur et lhonorabilit de ma famille, il consentait me prendre chez lui, bien que ma grande jeunesse lui ft peur. Il entama ensuite de longues dclarations sur la gravit de mes nouveaux devoirs ; mais je ne lcoutais plus. Pour moi, lessentiel tait quon ne me renvoyt pas ; jtais heureux, follement heureux. Jaurais voulu que M. le principal et mille mains et les lui embrasser toutes.
Un formidable bruit de ferraille marrta dans mes effusions. Je me retournai vivement et me trouvai en face dun long personnage, favoris rouges, qui venait dentrer dans le cabinet sans quon let entendu : ctait le surveillant gnral.
Sa tte penche sur lpaule, lEcce homo, il me regardait avec le plus doux des sourires, en secouant un trousseau de clefs de toutes dimensions, suspendu son index. Le sourire maurait prvenu en sa faveur, mais les clefs grinaient avec un bruit terrible ─ frinc ! frinc ! frinc ! ─ qui me fit peur.
Monsieur Viot, dit le principal, voici le remplaant de M. Serrires qui nous arrive.
M. Viot sinclina et me sourit le plus doucement du monde. Ses clefs, au contraire, sagitrent dun air ironique et mchant comme pour dire : Ce petit homme-l remplacer M. Serrires ! allons donc ! allons donc !
Le principal comprit aussi bien que moi ce que les clefs venaient de dire, et ajouta avec un soupir : Je sais quen perdant M. Serrires, nous faisons une perte presque irrparable (ici les clefs poussrent un vritable sanglot...) ; mais je suis sr que si M. Viot veut bien prendre le nouveau matre sous sa tutelle spciale, et lui inculquer ses prcieuses ides sur lenseignement, lordre et la discipline de la maison nauront pas trop souffrir du dpart de M. Serrires.
Toujours souriant et doux, M. Viot rpondit que sa bienveillance mtait acquise et quil maiderait volontiers de ses conseils ; mais les clefs ntaient pas bienveillantes, elles. Il fallait les entendre sagiter et grincer avec frnsie : Si tu bouges, petit drle, gare toi.
Monsieur Eyssette, conclut le principal, vous pouvez vous retirer. Pour ce soir encore, il faudra que vous couchiez lhtel... Soyez ici demain huit heures... Allez...
Et il me congdia dun geste digne.
M. Viot, plus souriant et plus doux que jamais, maccompagna jusqu la porte ; mais, avant de me quitter, il me glissa dans la main un petit cahier.
Cest le rglement de la maison, me dit-il. Lisez et mditez...
Puis il ouvrit la porte et la referma sur moi, en agitant ses clefs dune faon... frinc ! frinc ! frinc !
Ces messieurs avaient oubli de mclairer... Jerrai un moment parmi les grands corridors tout noirs, ttant les murs pour essayer de retrouver mon chemin. De loin en loin, un peu de lune entrait par le grillage dune fentre haute et maidait morienter. Tout coup, dans la nuit des galeries, un point lumineux brilla, venant ma rencontre... Je fis encore quelques pas ; la lumire grandit, sapprocha de moi, passa mes cts, sloigna, disparut. Ce fut comme une vision ; mais, si rapide quelle et t, je pus en saisir les moindres dtails.
Figurez-vous deux femmes, non, deux ombres... Lune vieille, ride, ratatine, plie en deux, avec dnormes lunettes qui lui cachaient la moiti du visage ; lautre, jeune, svelte, un peu grle comme tous les fantmes, mais ayant-ce que les fantmes nont pas en gnral ─ une paire dyeux, trs grands et si noirs, si noirs... La vieille tenait la main une petite lampe de cuivre ; les yeux noirs, eux, ne portaient rien... Les deux ombres passrent prs de moi, rapides, silencieuses, sans me voir, et depuis longtemps elles avaient disparu que jtais encore debout, la mme place, sous une double impression de charme et de terreur.
Je repris ma route ttons, mais le cur me battait bien fort, et javais toujours devant moi, dans lombre, lhorrible fe aux lunettes marchant ct des yeux noirs...
Il sagissait cependant de dcouvrir un gte pour la nuit ; ce ntait pas une mince affaire. Heureusement, lhomme aux moustaches, que je trouvai fumant sa pipe devant la loge du portier, se mit tout de suite ma disposition et me proposa de me conduire dans un bon petit htel point trop cher, o je serais servi comme un prince. Vous pensez si jacceptai de bon cur.
Cet homme moustaches avait lair trs bon enfant ; chemin faisant, jappris quil sappelait Roger, quil tait professeur de danse, dquitation, descrime et de gymnastique au collge de Sarlande, et quil avait servi longtemps dans les chasseurs dAfrique. Ceci acheva de me le rendre sympathique. Les enfants sont toujours ports aimer les soldats. Nous nous sparmes la porte de lhtel avec force poignes de main, et la promesse formelle de devenir une paire damis.
Et maintenant, lecteur, un aveu me reste te faire.
Quand le petit Chose se trouva seul dans cette chambre froide, devant ce lit dauberge inconnu et banal, loin de ceux quil aimait, son cur clata, et ce grand philosophe pleura comme un enfant. La vie lpouvantait prsent ; il se sentait faible et dsarm devant elle, et il pleurait, il pleurait... Tout coup, au milieu de ses larmes, limage des siens passa devant ses yeux ; il vit la maison dserte, la famille disperse, la mre ici, le pre l-bas... Plus de toit ! plus de foyer ! et alors, oubliant sa propre dtresse pour ne songer qu la misre commune, le petit Chose prit une grande et belle rsolution, celle de reconstituer la maison Eyssette et de reconstruire le foyer lui tout seul. Puis, fier davoir trouv ce noble but sa vie, il essuya ces larmes indignes dun homme, dun reconstructeur de foyer, et sans perdre une minute, entama la lecture du rglement de M. Viot, pour se mettre au courant de ses nouveaux devoirs.
Ce rglement, recopi avec amour de la propre main de M. Viot, son auteur, tait un vritable trait, divis mthodiquement en trois parties :
1 Devoirs du matre dtude envers ses suprieurs ;
2 Devoirs du matre dtude envers ses collgues ;
3 Devoirs du matre dtude envers les lves.
Tous les cas y taient prvus, depuis le carreau bris jusquaux deux mains qui se lvent en mme temps ltude ; tous les dtails de la vie des matres y taient consigns, depuis le chiffre de leurs appointements jusqu la demi-bouteille de vin laquelle ils avaient droit chaque repas.
Le rglement se terminait par une belle pice dloquence, un discours sur lutilit du rglement lui-mme ; mais, malgr son respect pour luvre de M. Viot, le petit Chose neut pas la force daller jusquau bout, et ─ juste au plus beau passage du il sendormit...
Cette nuit-l, je dormis mal. Mille rves fantastiques troublrent mon sommeil... Tantt, ctait les terribles clefs de M. Viot que je croyais entendre, frinc ! frinc ! ou bien la fe aux lunettes qui venait sasseoir mon chevet et qui me rveillait en sursaut ; dautres fois aussi les yeux noir ─ oh ! comme ils taient noirs ! ─ sinstallaient au pied de mon lit, me regardant avec une trange obstination...
Le lendemain, huit heures, jarrivai au collge. M. Viot, debout sur la porte, son trousseau de clefs la main, surveillait lentre des externes. Il maccueillit avec son plus doux sourire.
Attendez sous le porche, me dit-il, quand les lves seront rentrs, je vous prsenterai vos collgues.
Jattendis sous le porche, me promenant de long en large, saluant jusqu terre MM. les professeurs qui accouraient, essouffls. Un seul de ces messieurs me rendit mon salut ; ctait un prtre, le professeur de philosophie, un original me dit M. Viot... Je laimait tout de suite, cet original-l.
La cloche sonna. Les classes se remplirent... Quatre ou cinq grands garons de vingt-cinq trente ans, mal vtus ; figures communes, arrivrent en gambadant et sarrtrent interdits laspect de M. Viot.
Messieurs, leur dit le surveillant gnral en me dsignant, voici M. Daniel Eyssette, votre nouveau collgue.
Ayant dit, il fit une longue rvrence et se retira, toujours souriant, toujours la tte sur lpaule, et toujours agitant les horribles clefs.
Mes collgues et moi nous nous regardmes un moment en silence.
Le plus grand et le plus gros dentre eux prit le premier la parole : ctait M. Serrires, le fameux Serrires que j allais remplacer.
Parbleu ! scria-t-il dun ton joyeux, cest bien le cas de dire que les matres se suivent, mais ne se ressemblent pas.
Ceci tait une allusion la prodigieuse diffrence de taille qui existait entre nous. On en rit beaucoup, beaucoup, moi le premier ; mais je vous assure qu ce moment-l, le petit Chose aurait volontiers vendu son me au diable pour avoir seulement quelques pouces de plus.
Ça ne fait rien, ajouta le gros Serrires en me tendant la main ; quoiquon ne soit pas bti pour passer sous la mme toise, on peut tout de mme vider quelques flacons ensemble. Venez avec nous, collgue... je paie un punch dadieu au caf Barbette ; je veux que vous en soyez... on fera connaissance en trinquant.
Sans me laisser le temps de rpondre, il prit mon bras sous le sien et mentrana dehors.
Le caf Barbette, o mes nouveaux collgues me menrent, tait situ sur la place darmes. Les sous-officiers de la garnison le frquentaient, et ce qui frappait en y entrant, ctait la quantit de shakos et de ceinturons pendus aux patres...
Ce jour-l, le dpart de Serrires et son punch dadieu avaient attir le ban et larrire-ban des habitus... Les sous-officiers auxquels Serrires me prsenta en arrivant, maccueillirent avec beaucoup de cordialit. À vrai dire, pourtant, larrive du petit Chose ne fit pas grande sensation, et je fus bien vite oubli, dans le coin de la salle o je mtais rfugi timidement... Pendant que les verres se remplissaient, le gros Serrires vint sasseoir ct de moi ; il avait quitt sa redingote et tenait aux dents une longue pipe de terre sur laquelle son nom tait en lettres de porcelaine. Tous les matres dtude avaient, au caf Barbette, une pipe comme cela.
Eh bien, collgue, me dit le gros Serrires, vous voyez quil y a encore de bons moments dans le mtier... En somme, vous tes bien tomb en venant Sarlande pour votre dbut. Dabord labsinthe du caf Barbette est excellente et puis, l-bas, la bote, vous ne serez pas trop mal.
La bote, ctait le collge.
Vous allez avoir ltude des petits, des gamins quon mne la baguette. Il faut voir comme je les ai dresss ! Le principal nest pas mchant ; les collgues sont de bons garons il ny a que la vieille et le pre Viot...
─ Quelle vieille ? demandai-je en tressaillant.
─ Oh ! vous la connatrez bientt. À toute heure du jour et de la nuit, on la rencontre rdant par le collge avec une norme paire de lunettes... Cest une tante du principal, et elle remplit ici les fonctions dconome. Ah ! la coquine ! Si nous ne mourons pas de faim ce nest pas de sa faute.
Au signalement que me donnait Serrires, javais reconnu la fe aux lunettes et malgr moi je me sentais rougir. Dix fois, je fus sur le point dinterrompre mon collgue et de lui demander : Et les yeux noirs ? Mais je nosai pas. Parler des yeux noirs au caf Barbette ! fi donc !
En attendant, le punch circulait, les verres vides semplissaient, les verres remplis se vidaient ; ctait des toasts, des oh ! oh ! des ah ! ah ! des queues de billard en lair, des bousculades, de gros rires, des calembours, des confidences...
Peu peu, le petit Chose se sentit moins timide. Il avait quitt son encoignure et se promenait par le caf, parlant haut, le verre la main.
À cette heure, les sous-officiers taient ses amis ; il raconta effrontment lun deux quil appartenait une famille trs riche et qu la suite de quelques folies de jeune homme, on lavait chass de la maison paternelle ; il stait fait matre dtude pour vivre mais il ne pensait pas rester au collge longtemps... Vous comprenez, avec une famille tellement riche !...
Ah ! si ceux de Lyon avaient pu lentendre ce moment-l.
Ce que cest que de nous, pourtant ! Quand on sut au caf Barbette que jtais un fils de famille en rupture de ban, un polisson, un mauvais drle, et non point, comme on aurait pu le croire, un pauvre garon condamn par la misre la pdagogie, tout le monde me regarda dun meilleur il. Les plus anciens sous-officiers ne ddaignrent pas de madresser la parole ; on alla mme plus loin au moment de partir, Roger, le matre darmes, mon ami de la veille, se leva et porta un toast Daniel Eyssette. Vous pensez si le petit Chose fut fier.
Le toast Daniel Eyssette donna le signal du dpart. Il tait dix heures moins le quart, cest--dire lheure de retourner au collge.
Lhomme aux clefs nous attendait sur la porte.
Monsieur Serrires, dit-il mon gros collgue que le punch dadieu faisait trbucher, vous allez, pour la dernire fois, conduire vos lves ltude ; ds quils seront entrs, M. le principal et moi nous viendrons installer le nouveau matre.
En effet, quelques minutes aprs, le principal M. Viot et le nouveau matre faisaient leur entre solennelle ltude.
Tout le monde se leva.
Le principal me prsenta aux lves en un discours un peu long, mais plein de dignit ; puis il se retira suivi du gros Serrires que le punch dadieu tourmentait de plus en plus. M. Viot resta le dernier. Il ne pronona pas de discours, mais ses clefs, frinc ! frinc ! frinc ! parlrent pour lui dune faon si terrible, frinc ! frinc ! frinc ! si menaante, que toutes les ttes se cachrent sous les couvercles des pupitres et que le nouveau matre lui-mme ntait pas rassur.
Aussitt que les terribles clefs furent dehors, un tas de figures malicieuses sortirent de derrire les pupitres ; toutes les barbes de plumes se portrent aux lvres, tous ces petits yeux brillants, moqueurs, effars se fixrent sur moi tandis quun long chuchotement courait de table en table.
Un peu troubl, je gravis lentement les degrs de ma chaire ; j essayai de promener un regard froce autour de moi, puis, enflant ma voix, je criai entre deux grands coups secs frapps sur la table :
Travaillons, messieurs, travaillons !
Cest ainsi que le petit Chose commena sa premire tude.

genie


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: 22/10/2009

    

      


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